Un MV4 : quatre slots, deux cartes, et mille occasions de s’arracher les cheveux !

Publié le par Rage

Avec son gabarit de tank soviétique, le MV4F ne fait clairement pas dans la dentelle. Quatre slots pour quatre fois plus de soucis — pardon, de plaisir — et une collection de multiplexeurs aussi rares qu’élégants : NEO-253, NEO-244, tout le gratin est là.  

Côté construction, la carte du dessous reste fidèle à une architecture assez classique, très proche du MV2F. La différence ? La partie cartouche a déménagé fissa sur une “top board” qui se contente de router les signaux vers la carte du bas via trois gros connecteurs bien serrés.

 

Qui dit architecture similaire dit… même galère. Oui, la fameuse batterie qui fuit après trente ans de bons et loyaux services. Pour rappel, la production des MV4 s’est arrêtée en 1994. Et comme un hommage à Murphy, SNK a placé cette batterie juste à côté de composants critiques, pile (sans mauvais jeu de mot) au-dessus des connecteurs inter-cartes.  

Résultat : pratiquement aucun MV4 n’a survécu sans cicatrices à cet endroit. Bonne nouvelle : les connecteurs sont standards et se dénichent facilement [ici](https://www.digikey.fr/fr/products/detail/omron-electronics-inc-emc-div/XC5E-6421-A/4947275). Mauvaise nouvelle : il faut les dessouder proprement, réparer dessous et prier pour que les pistes n’aient pas fini en confettis.

 

 

Passons au MV4F, la version “modernisée” du joujou. Cette fois, la carte du haut embarque les jolis chips NEO-xxx maison, contrairement aux composants discrets des anciens modèles.  

Le mien, fidèle à la tradition SNK, a décidé de rendre l’âme : les quatre slots font n’importe quoi. La carte du bas seule lance le Diag BIOS sans broncher, mais dès qu’un jeu démarre, l’image se transforme en Picasso électronique. Les C-ROM et le SFIX partent complètement en vacances. (Pas de photo, il faut imaginer un glitch digne d’un cauchemar cyberpunk.)

 

Première étape : soupçonner les NEO-253, ces petites bêtes qui multiplexe les signaux des slots vers la carte du bas, notamment les C-ROM et le fix layer. Celui en 7D attire mon attention : dès que je le touche, l’écran change. Prometteur, non ? Après quelques mesures, verdict : la broche /OE n’est pas alimentée. Je remonte la piste jusqu’à la carte inférieure et… devine quoi ? Elle passe pile à côté de la batterie. Une piste coupée, bravo SNK. Une soudure plus tard, miracle : les slots 3 et 4 reprennent vie.

Mais les slots 1 et 2, eux, s’en fichent royalement. Même symptômes : C-ROM et fix layer HS. Le NEO-253 suspect est pourtant neuf. Commence alors une enquête à la Sherlock Holmes (version fer à souder), oscilloscope à la main. Après des heures à scruter chaque signal, je découvre que la ligne CR10 est aux fraises dès qu’on utilise les slots 0 et 1.  

 

 

La continuité jusqu’au port cartouche est bonne, donc problème ailleurs. Et là, eureka : un souci sur le P-Bus, ce bon vieux bus d’adressage des C-ROM. Si une ligne du P-Bus est coupée, autant espérer avoir du son avec un câble HDMI débranché. Inspection sous les NEO-244 (communs aux slots 0 et 1)… et bim : une micro-piste oxydée par l’acide. Discrète, mais fatale.

 

Un petit pont de soudure plus tard, c’est la résurrection : les quatre slots fonctionnent enfin.  

Mission accomplie, et sans explosion cette fois !

 

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